Né en 1939 dans le nord de l’Allemagne, Rolf Julius suit tout d’abord une formation classique dans le domaine des Beaux-Arts.
Dans les années 1970, il découvre petit à petit certains compositeurs contemporains (notamment La Monte Young à l’occasion de festivals ou à la radio) et intègre en 1975 le son à ses premiers travaux photographiques,
Il s’engage alors plus avant dans des performances sonores qu’il réalise
dans des contexts très variés, aussi bien à l’extérieur (dans le désert, les arbres, sur des plans d’eau, des façades d’immeubles, des baies vitrées, …) que dans des espaces clos (galeries, musées, …).
La démarche de Rolf Julius repose sur une double approche à la lisière entre le domaine des arts visuels et celui de la création musicale.
A la fois sculpteur, Rolf Julius était aussi musicien à part entière, réalisant des compositions électro-acoustiques, donnant des concerts et des performances où la part de l’improvisation était souvent importante.

Au début des années 1980, Rolf Julius met déjà en place les bases d’un travail dans lequel l’espace sonore est privilégié dans un souci permanent de relation avec l’espace du monde, et avec la nature.
Les années 1983-1984 marquent un moment important dans la vie de l’artiste qui part vivre à New-York : il rencontre alors la plupart des artistes et compositeurs essentiels dans le domaine de l’avant-garde expérimentale, notamment John Cage mais aussi Takehisa Kosugi et son œuvre trouve dès son retour en Europe une audience nouvelle.
Mais c’est au Japon que le travail va être très rapidement reconnu et accueilli avec enthousiasme : la place que le vide occupe dans les œuvres de l’artiste n’est pas étranger à cette culture.

Sa pratique est assez proche de l’art minimal dans la mesure où les matériaux eux-mêmes ont un sens, Rolf Julius expliquait qu’un morceau de fer et un morceau de musique représentaient la même chose pour lui.
“Je crée un espace musical avec mes images. Avec ma musique, je crée un espace imagé. Les images et la musique sont équivalentes. Elles rencontrent l’esprit du regardeur et de l’auditeur et dans son intérieur, il en résulte quelque chose de nouveau.”(1)

Les sculptures sonores de Rolf Julius développent, à travers une économie des moyens, une esthétique discrète à la limite du visible et de l’audible.
« Délicat, poétique, le travail de Rolf Julius ne s’impose pas, il requiert une extrême attention du regardeur-écouteur. La musique se regarde. Les pigments tremblent, le sable ondule, le papier frémit, l’eau frissonne… Il faut faire l’expérience des œuvres. Circuler de l’une à l’autre, aller au-devant de paysages sonores fragiles et fascinants où la technique, la musique, les sons, le silence, les matériaux interprètent des jardins électroniques miniatures. » (2)

L’œuvre de Julius est présentée pour la première fois en France en 1980 à Paris (Ecouter par les yeux, l’Arc, Musée d’art moderne de la Ville de Paris), au Centre d’art la Criée à Rennes (1988), puis l’artiste sera régulièrement à Grenoble (Broken Music, Le Magasin, 1989-1990), Lyon (Musique en scène, 1996), Dijon (Frac Bourgogne, 2001) et Paris (Galerie Lara Vincy, 1997 et 2002) dans des expositions personnelles et des festivals de musique contemporains. La plus large présentation de son travail a eu lieu au Frac Limousin en 2003. Il est présent dans de nombreuses collections publiques françaises.
Son œuvre est représentée depuis 2005 par la Galerie Thomas Bernard – Cortex Athletico qui recueille ses archives complètes consultables sur demande.

(1) Interview de Rolf Julius par Regina Coppola extrait de : Large Black (red), University Gallery, Fine Art Center, University of Massachusetts Amherst, 2001.
(2) Cécile Broqua

Rolf Julius
1939, Wilhelmshaven - 2011, Berlin


FORMATION
1969
M.F.A Ecole des Beaux-Arts, Bremen et Hochschule der Künste, Berlin


EXPOSITIONS PERSONNELLES
2017
Small Music and Slow Drawings,
Galerie Claudia Delank, Berlin
Music in a Corner, Galerie Thomas Bernard - Cortex Athletico, Paris - voir l'exposition ICI
Red (Inside),
Centre d'art - Château Chasse-Spleen, Moulis en Médoc


2016
Musik ist überall. Werke 1979-2010, Kunsthalle Wilhelmshaven, Wilhelmshaven

2015
Music for the Eyes, Galerie Thomas Bernard - Cortex Athletico, Paris - voir l'exposition ICI
Unendlich, Galerie Kehrer, Berlin
Small Music, Les Bains-Douches, Alençon
Lullaby for the Fishes, Rumpsti Pumsti, Berlin

2014
Sculpteur sonore, L'orangerie des Musées de Sens, Sens
Franck Eon - Rolf Julus, Galerie Thomas Bernard - Cortex Athletico, Art Brussels, Bruxelles - voir l'exposition ICI

2013
Landscape, Galerie Thomas Bernard - Cortex Athletico, Bordeaux - voir l'exposition ICI / Paris - voir l'exposition ICI

2012
Lautlos. Rolf Julius & Nina Canell, Hamburger Bahnhof - Museum für Gegenwart, Berlin
Black Listens to Red, Galerie Thomas Bernard - Cortex Athletico, Bordeaux - voir l'exposition ICI
Small Music, Julius Memorial, Niji Art Space, Kyoto
Rolf Julius
, Les Champs Magnétiques, Langon
Room of Stillness, avec e/static, Casa Rosso, Schierano
Morton Feldman and Rolf Julius: Music for a Long Time, Museo del Castello di Rivoli, Turin

2011
Gray Music #1, e/static, Turin
Small Music, Galerie Anselm Dreher, Berlin
Two Stones Singing, Audiovisual arts, New York
Lost Sounds with Miki Yui, Sound Fjord, Cafe Oto, Londres

2010
Under the Surface, Galerie Thomas Bernard - Cortex Athletico, Bordeaux - voir l'exposition ICI
Music for a Small Space, Tonspur Passage, Vienne
FIAC, Solo Show, Cour Carrée du Louvre & Jardin des Tuileries, Galerie Thomas Bernard - Cortex Athletico, Paris - voir l'exposition ICI

2009
Blue (Yellow), Galerie Thomas Bernard - Cortex Athletico, Bordeaux - voir l'exposition ICI
Distance, OBORO, Montreal

2008
Weiter entfernt (Musik für den Blick nach unten), Weserburg, Museum für moderne Kunst, Bremen & Galerie Beim Steinernen Kreuz, Brême
Backstage, Galerie Anselm Dreher, Berlin
Music Under Your Feet, Diapason Gallery, Brooklyn, New York

2007
Für den Blick nach unten, Kunstraum, Potsdam
Noiseless. Akio Suzuki & Rolf Julius, The National Museum of Modern Art, Kyoto
Island (Music for a Landscape), Maison de la culture de Bourges, Bourges
Two Spaces (Walking), e/static, Turin
Moving, Galerie Thomas Bernard - Cortex Athletico, Bordeaux - voir l'exposition ICI

2006
Blau, gelb, rot, Galerie Anselm Dreher, Berlin
Grau schweigt, Museum Bochum, Bochum
Partituren und Musikreste, Gelbe Musik, Berlin

2005
Franck Eon + Rolf Julius, Galerie Thomas Bernard - Cortex Athletico, Bordeaux - voir l'exposition ICI
Penombra, e/static, Turin
Wet Music, Galerie Lara Vincy, Paris
Hannah-Höch-Preis, Berlinische Galerie, Berlin

2004
Listen to Black, Frac Languedoc-Roussillon, Montpellier
Music for a White Wall, Gelbe Musik, Berlin

2003
Why Pink, waruym grün?, Galerie Anselm Dreher, Berlin
Music for the Eyes, Frac Limousin, Limoges
Musik für den Blick nach innen, VOXXX, Chemnitz

2002
Rolf Julius, Gallery 360°, Tokyo
Rolf Julius im Bauhaus Fischer, Wuppertal

2001
Rolf Julius - Michael Ross, Frac Bourgogne, Dijon
Red - or How Loud is Black, Kunsthalle Fridericianum, Kassel
Julius, e/static, Turin
Rolf Julius, Klanginstallationen, Oldenburger Kunstverein, Oldenburg
Musik für einen dunklen Raum und andere Arbeiten, Galerie Beim Steinernen Kreuz, Brême

2000
Schwarz bleibt stumm, Suermondt Ludwig Museum, Aix-la-Chapelle
Black (Red), University Gallery, University of Massachusetts, Amherst
Black listens to Red, Ystads Konstmuseum, Ystad
Schwarz (Rot), Galerie Rachel Haferkamp, Cologne
Musik weit entfernt, Goethe Institut, Tokyo
Valley, Tenba-A Galerie, Nose, Osaka

1999
Neue Arbeiten, Galerie Anselm Dreher, Berlin
Black Listens to Red, Galerie Lara Vincy, Paris
Black Listens to Red, Quint Gallery, San Diego
Einer Wand zuhören, Neues Museum Weserburg, Brême
Musik, weit entfert, Musik für den Blick nach unten, Singuhr-Hörgalerie im Parochial, Berlin
Den Raum ermessen, Bartholomäuskapelle, Diözesanmuseum, Paderborn
Schwarz (Gelb), Gelbe Musik, Berlin
Rolf Julius - Mariella Mosler, Schloss Fürstenau, Michelstadt

1998
Musik für eine fast leeren Raum, Hamburger Bahnhof, Museum für Zeitgenössische Kunst, Berlin
Echtgrün-hell - Sechs Klang Skulpturen 1988-1998, Krypta 182 Kunstverein, Bergisch Gladbach
Wie laut ist Schwarz (oder Rot), Haus Coburg, Delmenhorst
Rot (Schwarz), Galerie 360°, Tokyo
Schwarz hört dem Rot zu, Galerie Heimeshoff, Essen
Black Listens to Red (Piano Concerto), Mattress Factory, Pittsburgh

1997
Small Music, Galerie Lara Vincy, Paris
Music for a Garden, Mattress Factory, Pittsburgh

1996
Small Music (grau), Kunstverein Heilbronn / Stadtgalerie Saarbrücken
Galerie Beim Steinernen Kreuz, Brême
Small Music (360°), Galerie 360°, Tokyo
Gelb (Blau Rot), Hagenbucher, Heilbronn
Novembermusik, Johanneskirche, Düsseldorf
Red, Iron Flowers and Music for a Garden, Mattress Factory, Pittsburgh
Curators Choice No. IV: Wulf Herzogenrath. Sound Spaces. Rolf Julius - Hans Otte, Goethe House, New York
Rolf Julius, Robert Schad, Galerie Claudia Böer, Hannover
Rolf Julius, Yaeko Osono, Japanisches Kulturinstitut Köln, Cologne

1995
Rolf Julius, Finkenberg collection, Neues Museum Weserburg Bremen, Brême
Klangräume, Heidelberger Kunstverein, Heidelberg
Between, Kunstagentur Karin Melchior, Kassel
Klangbongen, Bürgerweide, Brême
Musik für eine grosse Fläche (Wand), Kunsthalle Bremerhaven

1994
Ilma (Air), Musée de l'art contemporain, Helsinki
Air, RAIKA, Osaka
Zeichnungen, Skulpturenmuseum Glaskasten, Marl
Drawings, Niji Art Space, Kyoto
Music for an Almost Empty Room, Kunstverein Bochum, Bochum
Black (Yellow), Galerie Anselm Dreher, Berlin
Yellow, Red, Blue, Galerie Potocka, Cracovie
6 Räume (Zellen), Halle 6, Zolverein, Essen

1993
New Sound Works, Rosa Esman Gallery / Quint Krichman Projects, New York
Jan Turner galerie, Los Angeles
Black (Something Yellow), Claudia Böer galerie, Hannover
Sound Installations, Galerie 360°, Tokyo
Neue Klangarbeiten, Bea Voigt Galerie, Munich

1992
Flat Music, Quint Krichman Projects, San Diego
Material and Space, Galerie Heimeshoff, Essen
Music for a Long Time, Xebec Hall, Kobe
Eisen, Galerie Anselm Dreher, Berlin
Schwarz, avec Eva-Maria Schön, Het Apollohuis, Eindhoven

1991
Wind, P3 art & environment, Tokyo
Rosa Esman Gallery/Quint Krichman Projects, New York
Art for Hamburg, Galerie Bärbel Schulz, Hamburg
Black Yellow, Niji Art Space, Kyoto
Grande Galeria, Do Palácio des Artes, Belo Horizonte
Ash, Mattress Factory, Pittsburgh
Räume der Stille. Sammlung Finkenberg, Neues Museum Weserburg, Brême
Music for a Blue Triangle, Bremerhavener Kunstverein, Bremerhaven

1990
Galerie Gudrun Boncz, Stuttgart
Musique jaune, La Criée, Halle d'art Contemporain, Rennes
Walking Inside - Walking Outside, Maison de la Culture d'Amiens
Zeichnungen, Galerie Den, Tokyo
Kunstprojekt Nr. 3. Rolf Julius und Norbert Rademacher, Siemens-Kultur-Programm, Büro Orange, Munich

1989
The Drawing Room, Tucson
Galerie Anselm Dreher, Berlin
Julius - Nishikawa, Japanisches Kulturinstitut, Cologne
Galerie Pauseback, Cologne

1988
Galeria di Grazia Terribile, Milan
Empty Music and Sound Cooking, Mattress Factory, Pittsburgh
Musik, nicht so weit entfernt, Skulpturenmuseum Glaskasten, Marl
Wasser, Regen, Wolken, Galerie Wewelsfleth, Wewelsfleth

1987
Galerie Anselm Dreher, Berlin
Galerie Giannozzo, Berlin
The Drawing Room, Malinda Wyatt, Los Angeles
Music for a Big Tower, en collaboration avec le Goethe-Institut à Seattle
Kunst und Musik. Rune Mields und Rolf Julius, Kunsthalle Wilhelmshaven, Wilhelmshaven

1986
Zeichnungen, Neuer Berliner Kunstverein, Berlin
Unausgewogen, Kölner Kunstverein, Cologne
Kunstverein Heidenheim, Heidenheim
Light Music, Formine

1985
Junimusik, Moltkerei, Cologne

1984
Yellow Music Spot, Galerie Giannozzo, Berlin
Espace sonore - espace silencieux, Goethe Institut, Paris
Klanginstallationen, GAK - Gesellschaft für Aktuelle Kunst e.V., Brême
Het Apollohuis, Eindhoven

1983
Music for a Long Time, PS-1 Museum, New York
Music for the Ruins, Gallery Fashion Moda, New York
Rolf Julius, Charles Moore, Los Angeles Institute of Contemporary Art, Los Angeles
Music for the Eyes, Space WA, New York

1982
Die Treppe herauf und die Wand entlang, Galerie Giannozzo, Berlin
Music for the Eyes, Vol sap, Amsterdam
Heidelberger Kunstverein, Heidelberg
Rolf Julius & Raffael Rheinsberg, Galerie Giannozzo, Berlin

1981
Galerie A', Amsterdam
Galerie Philomene Magers, Munich
Kunstverein Braunschweig

1980
Musikalischer Raum, Galerie Giannozzo, Berlin
Kunstmuseum, Düsseldorf
Galerie Krebaum, Weinheim
Klavierkonzert für eine fast leeren Raum, Künstlerhaus, Hamburg
Pro musica nova, Kunstschau Böttchergasse, Brême

1977
Kunstschau Böttchergasse, Brême

1974
Fotobilder - Collagen, Galerie Gruppe Grün, Brême

1973
Katakombe, Bâle
Galerie Gruppe Grün, Brême

1972
Zeichnungen und Druckgrafiken, Galerie Gruppe Grün, Brême

1969
Neue Galerie, Lübeck

1967
Galerie Siegmundshof, Berlin


EXPOSITIONS COLLECTIVES

2018
Nature morte ou le préfixe conceptuel de l'art romantique, Centre d'art Chasse Spleen, Moulis en Médoc, France (à venir)

2017
Small music and small drawings with works by Nanae Suzuki
- Rolf Julius, Galerie Claudia Delank, Berlin.
Lamp ! A design Icon in the light of art, Musée de Kiscell, Budapest, Hongrie
Variations (sur un même thème),
Le Parvis - scène nationale Tarbes Pyrénées, Ibos, France
Nous avons mis le ton. Images de musique de Mategna à Matisse,
Kupferstichkabinett , Berlin, Allemagne
Echelle de familiarité, Chapelle Saint-Libéral, Brive-la-Gaillarde, France
Où sont les sons ?,
La Centrale, Bruxelles
Entre límites / Zwischen grenzen, Museo de Arte Contemporáneo de Oaxaca (MACO), Oaxaca, Mexique


2016
Rolf Julius, Daniel Romero, Mathieu Kleyebe Abonnenc,
hTH - Centre dramatique national de Montpellier, Domaine de Grammont, Montpellier
Gelbe Musik. Works, notes and photographs from the archive of Ursula Block
, Galerie Mathew, Berlin
Entre límites,
Ex Teresa Arte Actual, Mexico
The Past is the Past
, Galerie Thomas Bernard - Cortex Athletico, Paris - voir l'exposition ICI
Das Kaptial. Schuld - Territorium - Utopie
, Hamburger Bahnhof, Museum für Gegenwart,Berlin
A Thousand Horsepower
, Can Trinxet Factory, Barcelone
La vie des oeuvres, Ecole supérieure des beaux-arts, Nîmes
Observations sonores, Musée Gassendi, Digne-les-Bains
Habile beauté - L'Art comme processus, FRAC Languedoc-Roussillon, Montpellier
KLANGKUNST - a german sound, Allgemeiner Konsumverein, Braunschweig
Sounding City. Sound of Silence, Festival van Vlaanderen Kortrijk, Kortrijk
Leuchte! Designikone im Licht der Kunst, Museum für Moderne Kunst Weserburg, Brême
Zimmer mit Aussicht, Galerie Kehrer, Berlin

2015
Der Raum zwischen den Personen kann die Decke tragen. Sammlung Ivo Wessel, Museum für Moderne Kunst Weserburg, Brême
Eye of Sound, The Empty Gallery, Hong Kong
Non la parola fine ma la fine della parole, Museo Ettore Fico, Turin
Standard International #2 Post Spatial Devices, Geisberg Berlin, Berlin
Fantômes dans la machine, oeuvres du Frac et de l'artothèque du Limousin, Frac Limousin, Limoges
Collezionare il futuro, 40 anni della collezione di Sergio Bertola, Museo d'Arte Contemporanea di Villa Croce, Gênes
Space: The MOCAK Collection, Krakow Live Festival, Cracovie
Eppur Si Muove, MUDAM - Musée d'Art Moderne Grand-Duc Jean, Luxembourg
Old songs new songs, e/static Blank, Turin

2014
Installation or Object? Works from the MOCAK Collection, Museum of Contemporary Art, Cracovie
Une histoire. Art, architecture, design des années 1980 à nos jours, collection du Centre Pompidou, Paris
Sèvres Outdoors, Cité de la céramique, Sèvres
Festival sonorités #10, Montpellier
Quelque chose à vous dire, Galerie Thomas Bernard - Cortex Athletico, Paris - voir l'exposition ICI
Sites & Sound, Gesellschaft für Kunst und Gestaltung, Bonn

2013
Bim! Bam! Boum!, Galerie La Source, La Teste-de-Buch
The String and the Mirror, Lisa Cooley Fine Art, New York
At the Moment of Being Heard
, South London Gallery, Londres
Refractive Distance, Art Exchange, University of Essex, Essex
La couleur du son, Capelle Saint Libéral, Brive
A hauteur d'oreille, Galerie MAD, Marseille
Le Grand Tout, les 30 ans du Frac Limousin, Frac Limousin, Limoges
Things He Would Have Liked (1&2), e/static, Turin
Audiograft, Museum of Modern Art, Oxford
Through the Other Side, Itami City Museum, Itami

2012
Possible Water, Goethe Institut ,Tokyo
My own private #2, The Snake, Galerie Thomas Bernard - Cortex Athletico, Paris
Klangkunst - a German Sound, Festival Soundbarrier, Vienne
Bis hier ... 50 Jahre Kunstverein Bochum, Kunstverein Bochum, Bochum
Bin gleich zurück - Werke aus dem Besitz von Kunstvereinsmitgliedern, Bochum
Von Sinnen. Wahrnehmung in der zeitgenössischen Kunst, Kunsthalle zu Kiel, Kiel
Julius and his resonance, avec Akio Suzuki, Yohihiro Kawasaki, Art Space Niji, Kyoto
Plants Talk. Art for Greenhouses, Botanischer Garten, Potsdam
Sound Art. Klang als Medium der Kunst, ZKM, Karlsruhe

2011
GSM - Geo Sound Map, Le Grand Café, Saint-Nazaire
Citysonic #9, Mons
Soundseeing III - Klänge zum Angucken, Kunsthaus, Gravenhorst
Geometric Form Seen in Recent Sound, Gesellschaft für Kunst und Gestaltung e.V., Bonn
Land'Archéo, Conseil général des Landes, Abbaye d'Arthous
Il est si doux..., Galerie Thomas Bernard - Cortex Athletico, Château Giscours, Margaux - voir l'exposition ICI

2010
Matériaux divers et autres bonnes nouvelles, Galerie Thomas Bernard - Cortex Athletico, Bordeaux - voir l'exposition ICI
Around Sound Festival & Retreat, Hongkong
Languages and Experimentations. Young artists in a contemporary collection
, Mart, Rovereto
Setoushi international art festival, Setoushi
Klangi, Aboa Vetus & Ars Nova museum, Turku
Ich Wicht, Kunstraum Potsdam, Potsdam

2009
Echigo-Tsumari Triennale
Music for a Long Time, e/static, Turin
Mutisme(s), Lieu commun - Espace d'art contemporain, Toulouse
Auftakt - Klang und Ton in der Gegenwartskunst, Museum Villa Rot, Burgrieden-Rot
Nantes estuaire, 2ème édition, Nantes
It Rests by Changing, Galleria Raffaella Cortese, Milan
Die unsichtbare Hand, Zeitgenössische Zeichnung in der Sammlung der Städtischen Galerie Delmenhorst, Delmenhorst
Klangkunst - a German Sound Art, Goethe Institut, Rome

2008
Lichtspuren, Museum Bochum, Bochum
ParadiesGartenParadies, Stiftung Moritzburg, Kunstmuseum des Landes Sachsen-Anhalt, Halle
Collectors 2, La collectione Renato Alpegiani, Calaglio (Cuneo)
3D Sculptures, Frac Limousin, Limoges
Permutations/40 artistes, Le Musée de Valence, Valence
Un bruit qui court..., Frac Languedoc-Roussillon, Montpellier
Looking Back: The White Columns Annual, White Columns, New York
Ambience, Klangkunst in Brandenburger Herrenhäusern, Münchehofe

2007
40th Anniversary, Galerie Anselm Dreher, Berlin
Découpage (f d), e/static, Turin
25 Jahre - 25 Werke, Skulpturenmuseum Glaskasten Marl, Marl
Collection. Les incontournables, Frac Limousin, Limoges

2006
Maerzmusik, Berlin
Sonambiente, Festival für hoeren und sehen, Akademie der Künste, Berlin
Berlin - Tokyo, Tokyo - Berlin, Neue Nationalgalerie, Berlin
A noir, e blanc, i rouge, u vert, o bleu - Farben, Kunstmuseum Magdeburg, Kloster Unser Lieben Frauen, Magdebourg
Découpage (f l), e/static, Turin
Sonoric Perspectives, Ystads Konstmuseum, Ystad

2005
Scultura leggera, Light Sculpture, Mulino
Interventionen, Sieben Kunststationen in Brandenburg, Rolf Julius, Brandenbourg
Le Génie du lieu, Musée des beaux-arts, Dijon
Playing John Cage, Arnolfini, Bristol
Rolf Julius (collection Frac Languedoc-Roussilon), chapelle Sainte-Cécile de Garrieux, Salses-le-Château
Où sommes-nous ? - Paysages avec (ou sans) personnage(s), Frac Limousin, Limoges
Fluxus und Freunde, Kunstmuseum Magdeburg, Kloster Unser Lieben Frauen, Magdebourg

2004
Écoute, Centre Pompidou, Paris
Deutscher Klangkunstpreis, Marl et Cologne
En résonance, Cantons d'Ussel
Bienvenue à Entropia, Frac Limousin, Limoges

2003
Al lado del silencio, Metrònom, Barcelone
no art - no city, Städtische Galerie im Buntentor, Brême
Before and After Sound, e/static, Turin
Gestes, poses, attitudes..., Frac Limousin, Limoges
Contemporary German Soundinstallations, Charlottenborg, Copenhague
Conceptualismus, Akademie der Künste, Berlin

2002
Primal Screams and Songs, Museum of Contemporary Art, Miami
Resonanzen. Aspekte der Klangkunst, Stadtgalerie Saarbrücken, Saarbrücken
Inventionen, Berlin
Städtische Galerie KUBUS et Galerie Claudia Böer, Hannover
Verborgene Gärten, Hansestadt Wismar
Zwischenspiel 1, Paarungen, Künstlerische Positionen im Dialog, Berlinische Galerie, Berlin

2001
Zen: Painting and Calligraphy, 17th-20th Centuries, Asian Art Museum, San Fransisco
Visual sound II, Mattress Factory, Pittsburgh
8. Triennale Kleinplastik, Fellbach
BrückenMusik VII, KGNM, Cologne
Eso. Third International Sound Art Festival, Mexico City

2000
Echigo-Tsumari Triennale
Minimal Affect - Selections from the Permanent Collection, Museum of Contemporary Art, Miami
Zen and Western Art, Museum Bochum, Bochum
Recall to mind, Galerie Anselm Dreher, Berlin

1999
Pro Lidice, Museum Fridericianum Kassel
Quint Contemporary Art, San Diego
The XX. Century, One Century Art in Germany, Neue National Galerie, Berlin
El espacio del sonido, Koldo Mitxelena, Donostia-San Sebastian
Über den Tellerrand, Galerie Claudia Böer, Hannover
De boot van Dionysios, Leuwarden, The Netherlands

1998
Poussière (dust memories), Frac Bourgogne, Dijon, Frac Bretagne, Rennes
PICAF, Light of the New Millennium, International Exibition of Contemporary Art, Busan
Musique en scène, Musée d'Art Contemporain, Lyon
Galerie Heimeshoff, Essen
Galerie Anselm Dreher, Berlin
Places in Gothenburg, Gothenburg
Kunst undertage, Rischbachstollen St. Ingbert
Sieben Bremer Galerien, Galerie Beim Steinernen Kreuz, Die Gloke, Brême
Donaueschinger Musiktage

1997
One-Line Drawing, Ubu Gallery, New York
La Part des anges, Galerie Art & Essai, Rennes
Wittener Tage für Neue Kammermusik, Witten
Von laut, bis lautlos, Brandenburgische Kunstsammlungen Cottbus
Ear as Eye - Drawings by Sound Artists, Los Angeles Contemporary Exhibitions (LACE), Los Angeles
Klangkunst-Festival UND, Wiesbaden
Bienal Internacional de Arte de Vila Nova De Cerveira
Pro Lidice, 52 Künstler aus Deutschland, Museum für Zeitgenössische Kunst, Prague
Privatgrün - Stadtgrün, Städtische Galerie, Brême

1996
Sonambiente, Akademie der Künste, Berlin
MassivFragil, Ludwig Forum für Internationale Kunst, Aix-la-Chapelle
Less is More, Galerie Anselm Dreher, Berlin
Die Galerie, Geschichte der Wewerka Galerie Berlin, Kunsthalle, Berlin
Artists for Nature, Kunst- und Ausstellungshalle der Bundesrepublik Deutschland, Bonn
Von laut bis lautlos, Brandenburgische Kunstsammlungen, Cottbus

1995
4th International Istanbul Biennal, Istambul
The Sisyphus Syndrome. Homage to Joseph Beuys
4x1, Vier Räume, Golup, Huber, Julius, Wall, Albertinum Dresden, Dresde
Bildhauer ´95 in Deutschland, Kunstverein Augsburg
Wein und Wasser, Kunsthalle Krems
Sound Art, Hannover
Klangskulpturen - Augenmusik, Ludwig Museum, Koblenz

1994
InSite '94, Mesa Art College, San Diego, Tijuana
Music for a Bamboo Forest, Soundfestival, Kyoto
Irrton. Berliner Gesellschaft für Neue Musik, Podewil, Berlin
Arte Amazonas, Ludwig Forum für Internationale Kunst, Aix-la-Chapelle
Erratum musical, Galerie Böer, Hannover
Multiples, Neuer Berliner Kunstverein, Berlin
Die Stillen, Museum Glaskasten, Marl
Der Bach, Internationales Bildhauersymposion, Schwalenberg

1993
Donaueschinger Musiktage, Donaueschingen
Suite d'Automne, Salon de Musique, Galerie Lara Vincy, Paris
Augenlied, Schloß Plüschow, Mecklenburgisches Künstlerhaus
Feuer, Erde, Wasser, Luft, Mediale Hamburg, Deichtorhallen, Hamburg
Kunst in Kirchen - Raum geben, Hannover
Musikfestival, Exoni-Theater, Achetas Space, Athènes
Kunstpreis der Böttcherstraße in Bremen, Brême
TonArt, Neckarwerke Göppingen

1992
Arte Amazonas, Rio de Janeiro & Brasilia
Wanas 1992, Wanas
Gestaltete Räume, Büro Orange, Siemens München, Munich
Sammlung Finkenberg, Neues Museum Weserburg Bremen, Brême
John Cage - Suddenly Something Moves, Stadtgalerie Saarbrücken
Amphion, Orangerie, Potsdam
Deutsche Künstlerbund-Ausstellung, Aix-la-Chapelle
Surface, Galerie Anselm Dreher, Berlin
Just visiting, Rosa Esman Gallery/Quint Krichman Projects, New York

1991
John Cage and Modernism, Neue Pinakothek, Munich
Interferenzen: Kunst aus Westberlin: 1960 - 1990, Musée national des Beaux-Arts de Lettonie, Riga
Berlin Divided, PS-1 Museum Queens, New York
Klanginstallationen, avec le Goethe Institute, Belo Horizonte
Zehn Jahre Kunstfonds e.V. Bonn, Bonner Kunstverein, Bonn
Ruine der Künste in der Kunsthalle Palazzo, Liestal
Berlin Transfer, Hugh Lane Municipial Gallery of Modern Art, Dublin
Umwandlungen, National Museum of Contemporary Art, Seoul

1990
Blau - Farbe der Ferne, Heidelberger Kunstverein
Acoustica International, Montreal
Walking Inside - Walking Outside, Maison de la Culture d'Amiens
Kunstszene Berlin (West) 86-89, Berlinische Galerie, Berlin
Technology and Human Being, Festival Bizen, Okayama
Waves of Energy, Festival à Mt. Fuji, Shizuoka
Construction in Progress, Lodz
Deutscher Künstlerbund, Akademie der Künste, Berlin
Het Apollohuis, Eindhoven
Ressource Kunst, Budapest

1989
En mai, fais ce qu'il te plaît !, Festival, La Roche-sur-Yon
Ressource Kunst, Berlin, Munich, Saarbrücken
Durchsicht. 40 Jahre Bundesrepublik Deutschland und der Deutsche Künstlerbund, Kunsthalle Kiel, Kiel
Konzept Berlin, Neuer Berliner Kunstverein, Berlin
...Klänge, Burg Stolberg
Erhard Roters zu Ehren, Berlinische Galerie, Berlin

1988
Lannan Museum, Lake Worth, Florida
Broken Music, DAAD-Galerie, Berlin
Goethe-Institut, New York
Goethe-Institut, Tokyo
Klangräume, Stadtgalerie Saarbrücken
Papierbiennale, Düren
Zeichnungen, Galerie Ermer, Berlin
Konstruktion & Konzeption - Berlin '88, S-Bahnhof Schöneberg, Berlin
Der Schatten des Lichts, Künstlerhaus Bethanien, Berlin
Galerie Pauseback, Cologne

1987
Documenta 8, Kassel
Klanginstallationen, GAK, Gesellschaft für Aktuelle Kunst e.V. Bremen, Brême
Ars electronica, Linz
Garten, Galerie Margarete Raspé, Berlin
IGMN Weltmusiktag, Leopold_Hoesch Museum, Düren
Berlino: Riconstruzione, SALA 1, Rome
Paper for Space, Galerie Antpöhler, Lilienthal
Aus den Städten, Kunstpalast Düsseldorf
Kunst und Musik, Kunsthalle Wilhelmshaven

1986
Elements from Berlin, The Art Gallery at Harbourfront, Toronto
Musik für eine Ruine, Ruine der Künste, Berlin
Künstlerschallplatten, Gelbe Musik, Berlin
Raffael Rheinsberg, Julius und Rolf Hanson, Galerie Sten Ericson, Stockholm
Message from Berlin. Sip. bei Het Apollohuis, Eindhoven
Festival Beelende Muziek, Provinciaal Museum Hasselt

1985
New Music America, '85, Los Angeles
Biennale de Paris
Light Music, Sprengelmuseum, Hannover
November Music, avec la collaboration du Goethe-Institut, Seattle
Kijk ... Muziek, Arnheim
Zugehen auf eine Biennale des Friedens, Kunstverein Hamburg
Musik für dieses Gebäude und den Platz davor, Künstlerhaus Bethanien Berlin
Image du son, Espace 251, Nord, Lüttich
Echo - the Images of Sound I, Het Apollohuis, Eindhoven
Der Baum, Heidelberger Kunstverein / Stadtgalerie Saarbrücken
Freie Berliner Kunstaustellung Berlin
Sip.Berlin, Kunstquartier Ackerstr., Berlin
Zeichnungen und Graphiken, Galerie Giannozzo, Berlin
Inventionen, TU Gebaude, Berlin

1984
The 3rd and 4th dimension, Raffinerie du plan K, Bruxelles
Kunstlandschaft Bundesrepublik, Württembergischer Kunstverein, Stuttgart
Institute of Contemporay Art (ICA), Boston
The Clocktower, New York
1984 - im toten Winkel, Kunsthaus und Kunstverein Hamburg
IBA, Berlin
D-5300 Kunst. Künstlerzelt, Bonner Kunstwoche

1983
Montevideo Diagonale, Kattendijkdok Westkaai, Anvers
Ready for War, Art Terminal Brooklyn, New York
Earworks, Grommer Gallery, New York
Goethe Haus, New York
Variations, Caidoz, New York

1982
Medium photography - artists work with photography, Kieler Kunsthalle, Kiel
edition-e, Munich
Music for the Plants, Museum Folkwang, Essen
Dada-Montage-Konzepte. Längsschnitte IV, Berlinische Galerie, Berlin
Zeichnungen - Arbeiten auf Papier 2., Bremer Kunstausstellung, GAK, Brême
Sonoritas Prospettiche, Rimini
Zwischenbereiche, Galerie Gruppe Grün, Brême
Mit Klang, Galerie Giannozzo Berlin
Rollenwechsel, 1. Intermediale, à l'occasion de Hamburger Musikwochen, Hambourg

1981
Partituren, Gelbe Musik, Berlin
Llibres d'artista / Artist books, Metronom, Barcelone

1980
For Eyes and Ears, Académie des arts, Berlin
Graumusik Nr.1, Festival pro musica nova, Brême
Künstler arbeiten mit Fotografie, Galerie Giannozzo, Berlin

1978
Transformationen, Kunsthalle Wilhelmshaven

1974
Kunst in Bremen 74', Kunsthalle Bremen, Brême


CONFERENCE / SYMPOSIUM
2012
Rolf Julius - sound installations as performing art par Maija Julius au symposium  «the presence of the ephemeral. Media art at the cutting edge between conservation and interpretation», imai - inter media art institute, Düsseldorf


EVENEMENTS MEMORIELS
2012
Small music - Art World of Rolf Julius, Symposium at the Kyoto National Museum of Modern Art

2011
Performances by Miki Yui, Peter Behrendsen and Volker Straebel, Moltkerei Werkstatt, Cologne
Performances by David Moss, Hans Peter Kunjhn & Junko Wada, Arnold Dreyblatt, Bernhard Leitner, Berlin


DISCOGRAPHIE
2013
Why black? Why Red? Joan La Barbara sings Rolf Julius, DVD, e/static

2012
Raining, Western Vinyl

2011
Music for a Distance : Small Music No.2, western vinyl
Black (inside), Western Vinyl, flexi disc record

2010
Music for the Ears : Small Music No. 1, western vinyl
Klangi, on the occasion of the exhibition at Aboa Vetus & Ars Nova museum, Turku

2009
Wet Speakers, Oral, CDR, edition of 100, signé et numeroté

2006
Small Sounds Meet Small Music, e/static
Monochrome (Ash), self released, DVD, edition of 4, signed and numbered

2005
Gefrierend, self released, DVD, edition of 4, signed and numbered

2004
Early Works Vol. 1, fringes recordings
Musik in Deutschland 1950 - 2000 (visible music), BMG Ariola classics GmbH
7 RAS, Revista de arte sonoro Centro de Creacion experimental, Universitadde Castilla -  La Mancha

2003
Für Einen Kleinen See, because tomorrow comes
Mit Sinnen, Skulpturenmuseum Glaskasten Marl

2002
Projekt Berliner Konzertreihe, self released, 5 three inch CDRs and print, edition of 50, signed
Monochrome I-VII, self released

2001
(Halb) Schwarz, x-tract/edition rz
Piano Concerto, Kunst Halle Fridericianum, CD with catalogue Kunsthalle Fridericianum
"rot" oder wie laut ist schwarz" Soba Field, self released
Visual Sound, Mattress Factory

1998
#1 - Julius, Curran, Moss, Montgomery, Weiner, Mallozzi, Vitiello, Oursler, Leipold, Because tomorrow comes

1997
Und Klang Kunst Festival Wiebaden
Wind von China (Edition IV), self released
Raga für die Pflanzen / Raga for the plants (Edition III), self released
Blue(s) für eine lange Zeit / Bleue(s) for a Long Time (Edition I), self released
Monochrom (grau-blau), (Edition II), self released

1996
Small Music vol. 3:  Music for a Garden, Mattress Factory
Small Music vol. 4:  Tanz fur Zwei Blaue Rechtecke, Stadtgalerie Saarbrüken

1995
Small Music vol. 1:  White ' Yellow ' Black, self released
Small Music vol. 2:  Klangbogen, self released

1994
6 Räume (Zellen), Zollverein Essen, CD with catalogue

1993
Sommerstück (Belèm)/ Neues Klavierkonzert, Verlog Das Beispiel GmbH Darmstadt, CD with the book "Wind"

1985
Lullaby for the Fishes, self released (2002), ré-édité en 2015 par Rumpsti Pumsti
Lullaby for the Fishes, Künstlerhaus Bethanien, 12 inch record

1983
Julius at PS1, Queens, self released (2002)
Musik für die Ohren, Edition Giannozzo Berlin, (tape cassette)

1982
Projekt Berliner Konzertreihe, self released, (5 tape cassette set)

1981
Walzer für Ein Dreieck, Edition Giannozzo Berlin, 7 inch record
Musik für Einen Kleinen Weiben Raum (Installation und Aktion) self released, (tape cassette)
Polonaise / Walzer für ein Dreieck, self released, (tape cassette)
Langes Flötenkonzert / Polonaise, self released, (tape cassette)

1980
Afrikanische Klavierkonzerte 1 + 2, self released, (tape cassette)
Konzert für einen Gefrorenen See (für Milan Knizak), self released, (tape cassette)


PERFORMANCES / CONCERTS - SELECTION
2015
"MUSIK - WEITER ENTFERNT II", concert d'ouverture dedie Reihe. Beiträge zu auditiver Kunst und Kultur, une collaboration entre Elektroakustische Musik Hören par TU Studio et Sound Studies Lectures (Master Sound Studies at the Udk Berlin)

2012/2013
Why Black? Why Red? Joan La Barbara sings Rolf Julius, Castelo di Rivoli, Torino

2009
Distance, Oboro, Montreal
Gallery Gendai-heights Den, Tokyo

2004
Suite in Parochial, Solo, et Duo Performance avec Miki Yui, Berlin
Songbook 1-6 performed by The Maulwerker in Cologne (Sound Art Festival)
Shadow - piece for Solo Cello, (Michael Moser, Cello) Inventionen, Berlin

1991
Music for the large tree, Museum of contemporary art, Belo Horizonte

1990
Concert for two empty surfaces, Stadtgalerie Saarbrücken
Small music n°4, P3, Tokyo

1989
Cactus Music, Drawing Room, Tucson

1984
Music for a wide plain, Het Apollohuis, Eindhoven

1983
Concert for a long time, Gallery Wewerka, Berlin

1982
Konzert für bare Füsse, Galerie A, Amsterdam

1981
Elefantenmusik, musikalische Aktion, Galerie Giannozzo, Berlin
Berliner Konzertreihe, eigene musikalische Aktionsreihe in und für Berlin
Konzert für die Erde, Galerie Philomene Magers, Munich
Konzert für bare Füsse, Kunstverein Braunschweig
Konzert für einen Strand, Galerie nemo, Eckernförde

1980
Konzert für einen Baum, Galerie Krebaum, Weinheim

EMISSIONS RADIO
2016
Steve Roden on Rolf Julius, réalisation Arnau Horta, RRS, Radio from Reina Sofia Museum, Madrid


PUBLICATIONS
2017
Anselm Dreher, Wo ist denn hier die Ausstellung, Berlin, Kehrer Galerie

2013
Lautlos, Nina Canell, Rolf Julius, exhibition catalog, Berlin, Hamburger Bahnhof

2010
Languages and Experimentations. Young artists in a contemporary collection, Hans Ulrich Obrist
50 Jahre Kunstmuseum Bochum, editors : Hans Günter Golinski, Sepp Hiekisch-Picard
Klangi, Aboa Vetus & Ars Nova, Turku

2009
Estuaire 2009 Le paysage, l'art et le fleuve, 303 magazine n°106
Echigo-Tsumari Art Triennial 2009, Echigo-Tsumari Art Triennial Executive Committe Tokyo Secretariat and Gendaikikakushitsu Publishers

2007
A noir, e blanc, i rouge, u vert, o bleu - Farben, Kunstmuseum Magdeburg, Kloster Unser Lieben Frauen, Magdeburg
Noiseless - Akio Suzuki + Rolf Julius, editors : International Contemporary Music Forum of Kyoto & The National Museum of Modern Art, Kyoto
Rolf Julius Für den Blick nach unten, Kunstraum Potsdam, Catherine Nichols

2006
Rolf Julius Grau schweigt, Museum Bochum
Berlin-Tokyo / Tokyo-Berlin. Die Kunst zweier Städte, Neue Nationalgalerie, Berlin

2005
Light Sculptures, 503 Mulino, Colpo di Fulmine Edizioni

2001
Rolf Julius, Kunsthalle Fridericianum
Painting and calligraphy 17th-20th centuries, Asian art museum, San Francisco

2000
Rolf Julius Black (Red), University Gallery of Massachussets Amherst
Julius Schwarz Bleibt Stumm, Suermondt Ludwig Museum Aachen, Aix-en-Chapelle
Zen und die westliche Kunst, Museum Bochum, Bochum

1997
Von laut bis lautlos, Branderburgische Kunstsammlungen Cottbus

1996
Rolf Julius Small music (Grau), Heidelberger Kunstverein

1995
Rolf Julius ilmaa, Studio N, Nykytaiteen Museo The Museum Of Conteporary Art, Helsinki
Im Albertinum : Golub / Huber / Julius / Wall, Gemäldegalerie Neue Maister Staaliche Kunstsammlungen Dresden
4th international Istanbul biennial, Istanbul Foundation for Culture and Arts

1994
Rolf Julius Ilmaa Air, The Museum of Contemporary Art of Helsinki
Rolf Julius, 10 Zeichnungen (Parà), Skulpturenmuseum Glaskasten Marl

1993
BT Bijutsu Techo, November, Vol 45, No. 678
Music Today, No. 19

1992
Arte amazonas, Goethe Institut, Brasilia

1991
Rolf Julius, Wind, P3 art and environment, Tokyo
Nationalmuseum für Zeitgenössische Kunst, Korea
Installations and performances 1982-1989, Mattress Factory, Pittsburgh

1989
20 jahre, Japanisches Kulturinstitut, Köln

1984
im totem winkel, Kunstausstellung vom 20.4-3.6.1984, Kunstverein und Kunsthaus, Hambourg

1982
Walzer für ein Dreiek, edition Giannozzo, Berlin
Views reading listening, Anthologie / Schallplatte, edition Vogelsang, Berlin
Künstler arbeiten mit Fotografie, Kunsthalle Kiel
mit Klang, edition Giannozzo, Berlin

1981
Installationen, catalogue Kunstverein Braunschweig
Ausstellungsblätter der Modern Abteilung, No. 25, Kunstmuseum Düsseldorf

1980
Köperhorizont (Portrait von N), edition Giannozzo, Brelin
Julius, edition eigene Tonband and Cassettenproduktion
Katalog für Augen und Ohren, Akademie des Künste, Berlin
Künstler arbeiten mit Fotografie, edition Giannozzo, Berlin


BOURSES
1991
Japan Foundation Fellowship at Kyoto

1984
PS-1 grant, New York
Kunstfonds e.V., Bonn
Künstlerhaus Bethanien, Berlin

1986
Arbeitstipendium des Senators für Kulturelle Angelegenheiten, Berlin


PRIX
2005
Hannah-Höch-Preis

2004
Deutscher Klangkunstpreis


COLLECTIONS
Artothek des NBK, Berlin
Artothèque du Limousin
Artothèque de Pessac – Les arts au mur
Berlinische Galerie, Berlin
Centre d'art Chasse-Spleen
CNAP Centre national des arts plastiques
Collection Ivo Wessel, Berlin
Collection Finkenberg, Sammlung Weserburg, Museum für Moderne Kunst, Bremen
FRAC Bourgogne, Dijon
FRAC Limousin, Limoges
FRAC Languedoc Roussillon, Montpellier
Gehbi Koc Foundation, Istanbul
Itami City Museum, Itami
Hamburger Bahnhof – Museum für Gegenwart, Berlin
Kunstmuseum Bremerhaven
Kunstmuseum Bochum
Kunstmuseum Dieselkraftwerk Cottbus
Kupferstichkabinett SPMK, Berlin
Museo Ettore Fico, Turin
Museum of Contemporary Art, Krakow
Museum of Contemporary Art, North Miami
Museum of Contemporary Art, Roskilde
Neues Museum Weserburg Bremen, Bremen
Skulpturenmuseum Glaskasten, Marl
Staatsgalerie Stuttgart
Stiftung Moritzburg, Kunstmuseum des Landes Sachsen-Anhalt, Halle
The Mattress Factory, Pittsburgh
The Wanas foundation, Knislinge

Le son dans d’autres médias.

Par Rahma Khazam
Ce texte est paru pour la première fois en anglais dans The Wire numéro 261, novembre 2006. Reproduction autorisée. thewire.co.uk


« La surface d’un son m’intéresse, » a écrit Rolf Julius. « Est-elle ronde ou angulaire ? Rugueuse ou douce ? Je m’intéresse aussi à la distance d’un son. Est-ce qu’il sonne différemment plus près qu’à une certaine distance, et si l’on doit s’incliner pour percevoir un son... ?»

Ce sont des questions qui sont au coeur de la pratique de Rolf Julius. « J’ai même fait une oeuvre pour laquelle il faut s’allonger sur le dos et poser des haut-parleurs sur les yeux, pour pouvoir voir l’intérieur du son,» se rappelle l’artiste sonore basé à Berlin, assis au milieu du brouhaha d’un café parisien. Depuis les 30 dernières années, les oeuvres minimales de Julius, qui ont fait de lui l’un des représentants de l’art sonore contemporain, titillent les connexions entre le sonore et le visuel. Prenons par exemple une des oeuvres qu’il montre actuellement à la galerie Lara Vincy,  galerie qui soutient son travail depuis longtemps. Le couvercle sur le bol de soupe japonais s’ouvre pour révéler un haut-parleur couvert de poudre de pigment noir. Des gargouillis étouffés s’échappent du bol tandis que le pigment serpente et se contorsionne, rendant ainsi le son visible. Un peu plus loin, deux pierres sur lesquelles sont posés de petits haut-parleurs sont occupées à un dialogue muet. Pendant ce temps-là, près de la fenêtre, de légers gazouillis émanant d’un haut-parleur attenant à un bol d’eau donnent vie à l’image des ondulations de l’eau sur les écrans vidéo tout à côté.

Comme le remarque  Julius : « de l’eau dans un bol, un haut-parleur, du son : qu’est ce que cela ? Rien. Mais quand on les assemble d’une façon spécifique, tout à coup, avec un peu de chance, c’est une oeuvre, qui vit sa propre vie.»
Julius a découvert sa passion pour le sonore et le visuel assez tard dans sa carrière. Né en 1939 dans la ville portuaire allemande de Wilhelmshaven, il a étudié les arts visuels à Brême et à Berlin. Ce n’est qu’au milieu des années 1970 qu’il a commencé à utiliser le son, alors qu’il travaillait comme photographe à Brême. Il invitait des membres du public à entrer un par un dans une cabine et à dénuder leur dos qu’il a ensuite photographié. Il se rappelle : «Les gens étaient très nerveux, j’ai donc mis un peu de musique, des morceaux de Robert Ashley et Pauline Oliveros. Ils les aimaient tellement qu’ils se détendaient.» C’était quelque chose de différent et ils ont réalisé que c’était de l’art. Depuis ce moment, j’ai pris conscience que la musique ou le son pouvait changer des situations. »
Vers la fin des années 1970, Julius a déménagé à Berlin où il a découvert la scène naissante de l’art sonore. «J’étais très impressionné par cette scène» dit-il. «Je voulais aussi créer de la musique (pour mes oeuvres) mais je ne pouvais pas car je n’étais pas compositeur. J’ai donc commencé avec une seule note. » Julius se réfère à cette première note qu’il a faite en entrechoquant un bout de métal avec une barre en fer dont il a enregistré le son résultant. Il l’a ensuite copié sur une bande sonore de qualité inférieure obtenant ainsi un son légèrement différent. Par la suite, il a photographié une digue et a décidé de combiner ces deux sons avec les photographies. Chaque photo montrait la légère courbe de la digue contre l’horizon, prise d’un angle légèrement différent pour chacune. «J’avais une ligne de six photos et j’ai posé un haut-parleur entre chacune d’entre elles,» explique-t-il.
«Tout à coup, les légères courbes ont commencé à bouger de haut en bas, elles ont commencé à danser !». Il a montré cette oeuvre intitulée Dike Line (1979) à Rene Block, activiste artistique et commissaire d’exposition, qui l’a immédiatement invité à participer à l’exposition qu’il organisait à l’Akademie der Künste à Berlin-Ouest. On était alors en 1980 et il s’agissait l’exposition mythique Für Augen Und Ohren, qui a rassemblé des oeuvres comme celles de Laurie Anderson, John Cage, Luigi Russolo, Nam June Paik et Bill Fontana pour la première exposition majeure en Europe autour de l’art sonore.

C’est aussi à cette époque que Julius a lancé une série de concerts incluant le mémorable Concert for a Frozen Lake (1982) pour lequel un enregistrement de sons émanant d’un piano était diffusé sur la surface d’un lac gelé. Il a utilisé la même méthode que dans l’oeuvre Dike Line, bien que dans le cas de Concert for a Frozen Lake les enregistrements ressemblaient moins au son du piano à cause de la qualité des cassettes. « Cette musique ressemblait davantage à un vibraphone qu’à du piano. C’était parfait pour un lac gelé car elle évoquait la substance de la glace, » observe-t-il. Peu après les Berlin Concerts, Julius a déménagé à New York suite à l’obtention d’une bourse et s’est vu attribué un atelier à PS1. Sa carrière s’est envolée au fur et à mesure qu’il commençait à faire des performances et des installations à travers l’Europe, le Japon et les Etats-Unis.

En parallèle, Julius poursuivait ses expériences. L’oeuvre Music for the Eyes (1981), pour laquelle le spectateur place de petits haut-parleurs sur ses yeux, le démontre : dans l’absence de toute donnée visuelle, écouter devient une expérience physique qui implique le corps tout entier. Une autre découverte importante a eu lieu lorsqu’il travaillait sur l’idée de sons qui émaneraient d’une pierre.
«Je voulais mettre des sons dans une grosse pierre en y faisant un trou, mais c’était trop compliqué» précise Julius. « Puis j’ai découvert que lorsque je plaçais un haut-parleur sur une pierre, le son paraissait sortir de l’intérieur de la pierre.» Faire parler les pierres, c’était aussi une façon de porter attention à ses matériaux et leurs propriétés intrinsèques, ce qui est un autre sujet récurrent dans le travail de Julius. Il développait une meilleure compréhension des relations entre le sonore et le visuel. «Si vous arrivez à passer d’un médium à un autre, c’est qu’il doit y avoir un lien entre eux,» insiste-t-il. Pour Julius, un son est associé à un objet lorsqu’il reflète sa surface et sa texture. «Si je combine un son clair et normal de piano avec un pigment rouge sale, cela va vous paraître étrange,» remarque-t-il. «C’est ce genre d’expérience qu’un artiste sonore acquiert, car il connaît la texture des sons. Un compositeur ne travaillerait pas ainsi. Il ne connaît pas la texture d’un son, ce que moi je nomme ‘surface’ d’un son»
Bien que l’oeuvre de Julius soit souvent évoquée en termes de synesthésie, elle fait néanmoins exception à la tendance. C’est l’effet combiné du son et du visuel qui l’intéresse. «Dans mon travail, dit-il, on se concentre à la fois sur le visuel et les éléments acoustiques et, pris ensemble, il en résulte quelque chose de nouveau. »

Le monde sonore que Julius réalise est très spécifique. En utilisant des procédés sonores naturels et instrumentaux aussi bien que de simples appareils comme des buzzers, il produit ce qu’il appelle des «petits sons». Ces doux murmures ou bourdonnements, pourtant puissants, gardent quelque chose de naturel et suggèrent souvent des sonorités de grenouilles, criquets ou oiseaux. «Mes sons artificiels sont parfois plus naturels que les sons naturels car ils sont en relation à la nature. Par exemple, les criquets ne chantent pas avec leur bouche, mais bougent leur pattes, un buzzer fait la même chose, c’est mécanique,» remarque Julius. Cependant, le plus important ce sont les pauses entre les sons, qui orchestrent l’expérience de l’oeuvre par le spectateur. «Disons que l’on a une oeuvre constituée de pigments noir et rouge, explique-t-il. On joue un son puis la pause est trop longue, donc vous regardez le rouge et le noir. Puis on joue un autre son, et l’on regarde et ainsi de suite.»
Dans l’oeuvre Big Gray (1994), le son est favorable à la concentration et à la sérénité. Cette pièce a été créée pour un bâtiment situé dans l’une des rues les plus bruyantes de Belo Horizonte au Brésil. Plutôt que de lutter contre le vacarme ambiant en augmentant le volume de son oeuvre, Julius a fait mieux : quand le spectateur se concentre sur les sons, il oublie le bruit extérieur. «J’ai remarqué que mes sens se relâchaient et que j’étais capable d’écouter la composition dans son entier sans prêter attention à ce qu’il se passait ailleurs,» dit-il. Les notions de concentration et sérénité apparaissent dans de nombreuses oeuvres de Julius. L’atmosphère de calme méditatif qui se dégage de ses oeuvres provient de l’hypnotique intensité de ses doux vrombissements, qui fascinent l’auditeur. Créer de la sérénité au moyen de son est une notion qui renvoie à John Cage, pour qui la sérénité ou le silence passent forcément par un son quelconque.
Cette atmosphère de calme méditatif se dégage aussi des expériences de Julius au Japon - un pays qui a immédiatement accueilli son oeuvres et avec lequel il a beaucoup d’affinités naturelles. «Le Japon m’a aidé à comprendre le silence, dit-il. Vous allez dans un temple Zen, et vous pouvez y comprendre quelque chose.».

Le détachement Zen et la simplicité qui traverse l’oeuvre de Julius, le mettent en évidence par rapport à la majorité des artistes sonores contemporains. Il a une affinité avec l’artiste japonaise Akio Suzuki, dont l’oeuvre fait aussi référence à la nature, tout en faisant preuve de la même fraîcheur et  économie  de moyens. Il ressent aussi une affinité avec le travail de Morton Feldman, dont l’esthétique réduite à l’essentiel se reflète dans les différences minimes entre les 6 photographies de l’œuvre Dike Line.
Cependant, l’influence la plus importante est John Cage, dont la conception du silence et de l’ouverture à tous les sons a été une impulsion libératrice. Toutefois, Julius a toujours gardé ses distances par rapport à Cage. «C’est très difficile de devenir un artiste indépendant quand on est proche d’une figure comme John Cage,» dit-il. «La plupart des artistes qui avaient un rapport avec lui ne pouvaient pas avancer par eux-mêmes. Ils disaient toujours ‘John a dit que j’ai fait une bonne pièce’. Dans mon cas, (Takehisa) Kosugi qui le connaissait très bien me racontait des histoires sur lui. Mais j’étais trop timide pour lui parler et je suis content d’avoir juste regardé à distance.»

Les projets à venir de Julius témoignent de son indépendance continuelle et de sa créativité. Il montrera certaines de ses vidéos à Berlin en novembre, tandis que l’année rochaine, Märzmusik programmera Aki Takahashi interprétant l’une de ses partitions graphiques. Ce n’est pas la première fois qu’il compose pour les autres. L’ensemble vocal Die Maulwerker a présenté une performance mémorable à partir d’une série de partitions graphiques intitulées Songbooks 1-6 à Cologne en Juillet 2004.
En même temps, Julius prépare une exposition majeure à Bochum en avril prochain, qui inclura probablement un symposium et des contributions d’amis ou d’artistes ayant la même sensibilité  dont Akio Suzuki, Takehisa Kosugi, Miki Yui,  Junko Wada, John Cage et Kasimir Malevitch.

Julius a été à l’avant-garde de la scène de l’art sonore naissant des années 1980 en Allemagne, aux côtés de Christina Kubisch et Hans Peter Kuhn. Cependant, il reste modeste sur sa réussite. «J’étais comme un enfant à côté de personnages comme Kosugi et David Tudor,» dit-il. Ce n’est pas pour rien que Julius considère Kosugi et Tudor comme des précurseurs. Ce ne sont  pas des artistes sonores en tant que tel, mais l’oeuvre Rainforest de David Tudor, par exemple, a ouvert un nouveau champ dans les années 1970 en termes de ressources sonores et leur disposition dans l’espace. Quant aux nouvelles générations d’artistes sonores, elles ne sont plus obsédées par le son, comme l’étaient les artistes de la génération de Rolf Julius. Ces derniers devaient lutter contre la résistance du public ainsi que du monde culturel vis-à-vis de nouveaux styles artistiques et musicaux qu’ils proposaient. «(Aujourd’hui les artistes sonores) sont plus ouverts,» conclut-il. « Il leur est égal de travailler avec du son ou des éléments visuels. Ils mixent tout. Grâce à nous, leurs précurseurs, ils se sont rendu compte que le son n’est pas une si grosse affaire - c’est juste un matériau comme un autre.»